Etudiants : l’affaiblissement des remboursements

Alors que la Mutualité Française qui regroupe la plupart des mutuelles santé établies sur le territoire hexagonal entend mettre la question de la protection sociale au cœur de l’Election Présidentielle de 2012, la LMDE vient de publier une enquête accablante. Toutefois préalablement à l’évocation des résultats accablants de cette enquête, il convient de procéder à la présentation de la LMDE qui revêt deux missions complémentaires mais néanmoins indépendantes. Tout d’abord, la LMDE est chargée d’assurer la gestion du régime obligatoire de protection sociale des étudiants pour le compte de l’Assurance Maladie. Il s’agit d’une action qu’elle exerce conformément aux dispositions déterminées dans le cadre législatif. Ensuite, la LMDE intervient également en matière de protection sociale complémentaire en délivrant une mutuelle santé aux étudiants qui le souhaitent. Au regard de la médiocrité des remboursements alloués par le biais du régime classique, une mutuelle santé est souvent indispensable pour les étudiants car ils n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face à la survenance d’un imprévu médical de quelque ordre que ce soit. Cependant, l’adhésion à une mutuelle santé n’est pas une mince affaire pour un étudiant dont les revenus mensuels sont souvent très limités voire inexistants.

En outre, certains s’interrogent sur ce mélange des genres entre protection sociale obligatoire et optionnelle. Il est possible de le balayer de manière rapide parce que la LMDE est un organisme répondant à une logique mutualiste qui s’extrait de toute finalité rentable au profit d’actionnaires. Dès lors, il convient de citer un extrait de ce rapport long de 13 pages afin de comprendre la précarité des étudiants sur le terrain de la protection sociale : « Le niveau de remboursement des soins dits « ambulatoires » (les plus pratiqués par les étudiants) est tombé à presque 50%. Pour 80% des assurés sociaux, dont les étudiants, moins de 1€ dépensés sur 2 seront prise en charge par la sécurité sociale. La souscription d’ une complémentaire santé est donc de plus en plus nécessaire pour bénéficier d’un haut niveau de protection sociale. Pourtant, 19% des étudiants n’ont pas de complémentaire santé (6% en population générale) ». En conséquence, la situation des étudiants est alarmante et pourrait avoir des conséquences directes sur leur capacité à suivre une formation supérieure dans de bonnes conditions. L’opportunité de se soigner correctement sans se soucier de l’impact financier devrait être un droit accordé à tous les étudiants en contrepartie des richesses qu’ils généreront ensuite pour l’Etat Français.

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