La réforme manquée du système de remboursement ?

Dans la continuité de notre article de la veille, il convient de prolonger notre réflexion relatif à la réforme de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé dans la mesure où elle a été présentée hier en Conseil des Ministres par Xavier Bertrand. Néanmoins, il ne s’agit pas d’analyser les contours de ce Projet de Loi puisqu’il sera certainement amené à évoluer à l’occasion des discussions Parlementaires mais de comprendre la réaction de la Mutualité Française qui est aujourd’hui un acteur fondamental sur le segment médical en raison de l’implication des mutuelles santé en matière de protection sociale. Les Français se tournent désormais de plus en plus vers les mutuelles santé parce que les remboursements accordés par l’Assurance Maladie diminuent d’années en années. Néanmoins malgré une politique tarifaire limitée en raison de la logique mutualiste poursuivie, l’adhésion à une mutuelle santé présente un coût financier réel qui n’est évidemment pas accessible à tous les Français.

C’est pourquoi, certains observateurs évoquent régulièrement l’idée qu’en matière de protection sociale, il existe une forme de médecine à deux vitesses car elle influe directement sur l’accès aux soins. En effet lorsque les remboursements sont faibles, les patients hésitent davantage au moment de consulter un professionnel de santé parce que la problématique financière est actuellement très prégnante. C’est notamment la raison pour la laquelle la Mutualité Française considère que cette réforme est un manquement à la refonte globale du système de remboursement : « Aucune réforme du système du remboursement et du prix du médicament n’est proposée. Moderniser le système du médicament implique aussi une réforme en profondeur de la politique de remboursement et de prix. Cela nécessite de repenser le rôle du Comité économique des produits de santé (CEPS) dans la chaîne du médicament ». Par voie de conséquence, il est légitime de s’interroger sur les raisons pour lesquelles les mutuelles santé qui ne peuvent pas être accusées de soutenir tel ou tel lobby ne sont pas davantage entendues par les pouvoirs publics. Il s’agit d’une situation d’autant plus surprenante qu’elles sont incontestablement l’avenir de la protection sociale en France.

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